Réparations locatives : les équipements extérieurs

Louer une maison avec jardin implique d’entretenir les équipements extérieurs pendant tout le bail : portail, menuiseries, volets, climatisation, terrasse et store. Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 fixe la frontière entre ce qui vous incombe et ce qui reste au propriétaire.
Le principe posé par le décret 87-712
La liste des réparations locatives découle de la loi du 6 juillet 1989 et du décret n° 87-712 du 26 août 1987. Ce texte définit les réparations locatives comme les travaux d’entretien courant et les menues réparations, y compris le remplacement d’éléments assimilables, résultant de l’usage normal des locaux et équipements à usage privatif.
Trois notions structurent la lecture de ce texte :
- L’usage exclusif : ce que vous utilisez seul, dans une maison individuelle, vous concerne presque intégralement.
- L’entretien courant : les gestes répétitifs, nettoyage, graissage, vidange, remplacement de petites pièces.
- La vétusté : l’usure normale liée au temps, jamais imputable au locataire.
La frontière se juge équipement par équipement et non par grande catégorie. Un même portail peut ainsi appeler un graissage à votre charge et un moteur à celle du propriétaire, dans la même année.
Ce raisonnement vaut aussi pour les espaces verts, sujet développé dans l’article consacré à l’entretien du jardin en location. Les équipements bâtis, eux, suivent leur propre logique.
Portail, clôture et garde-corps
Le portail concentre les litiges parce qu’il combine mécanique, électricité et surface exposée.
À votre charge pendant le bail :
- Le graissage des gonds, rails et charnières, au moins une fois par an.
- Le nettoyage des rails de coulissant, où sable et gravillons bloquent le mécanisme.
- Le remplacement des piles de télécommande et des petites fournitures d’usage.
- Le nettoyage courant des lames et des montants, à l’eau tiède et au savon neutre.
À la charge du propriétaire : le remplacement d’une motorisation hors d’usage, la réparation d’un vantail déformé par la corrosion, la reprise d’un scellement de pilier.
Le nettoyage mérite une précision technique. Portails, clôtures et garde-corps récents sont en aluminium thermolaqué, revêtement qui ne supporte ni les produits acides, ni les abrasifs, ni le nettoyeur haute pression rapproché. Les fabricants français de produits d’entretien pour ces surfaces publient leurs préconisations, et cette ressource en ligne rassemble les gammes dédiées aux menuiseries et aux équipements extérieurs, avec les précautions d’application. Un locataire qui utilise un décapant ménager sur un portail laqué crée un dommage réel, cette fois imputable.
Menuiseries, volets et stores
Les ouvrants relèvent d’une répartition assez stable, appliquée par la plupart des bailleurs.
L’entretien courant à votre charge comprend le nettoyage des vitrages et des dormants, le dégagement des rails de coulissant, le graissage de la quincaillerie, le remplacement d’un joint de fenêtre défaillant et celui des cordons ou sangles de volet roulant.
Le propriétaire assume le remplacement d’une fenêtre, la reprise d’un tablier de volet cassé par la vétusté et la réparation d’un coffre de volet roulant descellé.
Un point technique passe souvent inaperçu : les trous de drainage en partie basse des menuiseries. Bouchés par les poussières et les insectes, ils provoquent des infiltrations dans le tableau, désordre coûteux qui sera examiné à la sortie. Un simple contrôle annuel, en versant un peu d’eau dans la feuillure, suffit à s’en prémunir.
Le store banne, quand il équipe la terrasse, obéit à la même logique. Sa toile se nettoie déroulée, sèche avant enroulement, et son bras se graisse. Une toile déchirée par un enroulement forcé sous le vent constitue en revanche une dégradation.

Climatisation, pompe à chaleur et chauffe-eau
Les équipements techniques appellent une vigilance particulière, car leur entretien conditionne la sécurité autant que la restitution du dépôt de garantie.
Le décret 87-712 met à la charge du locataire l’entretien courant des appareils de chauffage et de production d’eau chaude à usage exclusif. En pratique, cela couvre le nettoyage des filtres de climatisation, le contrôle de l’évacuation des condensats, le dégagement des abords de l’unité extérieure et le maintien en état du local technique.
Deux obligations réglementaires s’ajoutent et se lisent dans le bail :
- L’entretien annuel de la chaudière, entre 4 et 400 kW, avec attestation remise par le professionnel.
- L’entretien périodique des systèmes de climatisation et pompes à chaleur de 4 à 70 kW, tous les deux ans, prévu par le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020.
Ces visites sont généralement supportées par l’occupant au titre de l’entretien courant. Conservez les attestations : elles constituent la preuve que l’équipement a été suivi, et leur absence pèse lourd si une panne survient en fin de bail. La logique est la même que pour la chaudière, poste où les litiges de sortie sont fréquents.
Terrasse, allée et abords
Les surfaces extérieures relèvent de l’entretien courant, avec une nuance sur les traitements lourds.
Le nettoyage régulier de la terrasse, le démoussage léger, le désherbage des joints et le dégagement des évacuations d’eau pluviale vous incombent. Le remplacement de dalles fissurées par le gel, la reprise d’un dallage qui s’affaisse ou la réfection d’une étanchéité relèvent du propriétaire.
Les gouttières demandent une mention particulière : leur nettoyage figure explicitement parmi les réparations locatives, à condition qu’elles soient accessibles sans mise en danger. Une gouttière en étage, inaccessible sans échafaudage, sort de ce cadre.
Un dernier réflexe protège efficacement : signaler par écrit, dès leur apparition, les désordres qui relèvent du propriétaire. Un courriel daté vaut mieux qu’une remarque orale, et il change la nature de la discussion en fin de bail.

Ce que le bail peut ajouter, et ce qu’il ne peut pas imposer
Le contrat de location précise souvent la répartition des charges d’entretien. Sa lecture attentive évite les mauvaises surprises, mais toutes ses clauses ne se valent pas juridiquement.
Le bail peut légitimement préciser les modalités d’exécution : fréquence d’entretien attendue, obligation de souscrire un contrat pour un équipement technique, transmission des attestations au bailleur. Ces exigences restent dans le cadre du décret.
Il ne peut pas, en revanche, mettre à votre charge ce que la loi attribue au propriétaire. Une clause qui vous imposerait le remplacement d’un équipement vétuste, la réfection d’une étanchéité ou la remise à neuf d’un portail corrodé est réputée non écrite, c’est-à-dire sans effet.
Trois situations méritent une vérification systématique à la signature :
- La présence d’une grille de vétusté annexée au bail, qui limite les retenues de fin de contrat.
- La liste précise des équipements extérieurs remis, avec leur état et leur année d’installation si elle est connue.
- La mention des contrats d’entretien déjà en cours, notamment pour une pompe à chaleur ou une piscine.
Une piscine change d’ailleurs sensiblement l’équation. Son entretien courant, produits et nettoyage compris, relève du locataire quand elle est à son usage exclusif, tandis que la pompe, le liner et la structure restent au propriétaire. La répartition gagne à être détaillée noir sur blanc dès l’entrée dans les lieux.
Préparer l’état des lieux de sortie
Le contrôle final se prépare plusieurs semaines à l’avance, pas la veille de la remise des clés.
La démarche efficace tient en cinq étapes :
- Relire l’état des lieux d’entrée, équipement par équipement, avec ses photos si elles existent.
- Rassembler les attestations d’entretien et les factures d’intervention de toute la durée du bail.
- Réaliser un nettoyage complet des extérieurs, du haut vers le bas, terrasse en dernier.
- Vérifier le fonctionnement de chaque équipement : portail, volets, éclairages, robinet extérieur.
- Photographier l’ensemble en lumière naturelle, avec des vues d’ensemble et des vues rapprochées.
La grille de vétusté, quand une grille issue d’un accord collectif a été convenue avec le bailleur, protège efficacement contre les retenues excessives : elle attribue à chaque équipement une durée de vie théorique et un abattement annuel. Son fonctionnement est détaillé dans l’article sur l’état des lieux et les droits du locataire.
La loi du 6 juillet 1989 encadre enfin la restitution du dépôt de garantie : un mois quand l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, deux mois en cas de différences constatées, avec justification de chaque retenue par un devis ou une facture.
Les litiges les plus fréquents sur les extérieurs
Trois situations reviennent devant les commissions départementales de conciliation, et toutes se préviennent au moment de l’entrée dans les lieux.
Le portail bloqué en fin de bail arrive en tête. Le bailleur invoque un défaut de graissage, le locataire une usure normale du moteur. Sans état des lieux détaillé mentionnant l’âge et le fonctionnement de la motorisation, la discussion tourne au rapport de force.
Les taches sur une terrasse viennent ensuite. Traces de barbecue, auréoles de pots, dépôts organiques sous un arbre : la limite entre salissure normale et dégradation se juge au cas par cas, et la photo datée reste le seul argument solide.
Le troisième cas concerne les équipements techniques restés sans entretien. Une climatisation dont les filtres n’ont jamais été nettoyés en quatre ans se voit immédiatement, et la facture de remise en état est difficile à contester.
Dans les trois cas, la même parade fonctionne : documenter à l’entrée, entretenir en cours de bail, conserver les preuves, photographier à la sortie.
Prochaine étape si votre bail se termine dans les mois qui viennent : retrouver l’état des lieux d’entrée, lister les équipements extérieurs qu’il mentionne, et programmer leur nettoyage et leur contrôle avant la visite de sortie.